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  • : Je suis professeur d'histoire-géographie au collège Félix-Djerzinski de Staincy-en-France. Ce métier me rend malade et il fait ma fierté. Avant d'en changer, je dépose ici un modeste témoignage.
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10 décembre 2007 1 10 /12 /décembre /2007 23:12
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Aujourd'hui, au cours d'une conversation de cantine, je me suis souvenu de l'anecdote suivante.

Dans l'école primaire où j'ai appris à lire (cette école s'appelait naturellement Jules-Ferry), on trouvait, dans un placard de la classe de CM2, un objet singulier. C'était un squelette humain désarticulé qui reposait dans plusieurs caisses poussiéreuses. L'institutrice, Mme Warshawski, utilisait cet objet avec parcimonie dans ses leçons sur le corps humain.

J'aimais beaucoup Mme Warshawski, une vieille Polonaise à l'aspect chevalin et aux méthodes pédagogiques antédiluviennes. Un jour, elle a fait un malaise devant nous -elle était en fin de carrière- et j'étais persuadé qu'elle allait mourir sur scène, comme Molière, qu'elle nous avait fait découvrir. Nous, ses élèves, nous étions rassemblés dans le gymnase et nous attendions avec anxiété la nouvelle fatale -enfin moi, j'attendais avec anxiété, les autres faisaient les singes sur la corde à noeuds. Malheureusement pour son mythe, elle survécut.

L'école était très ancienne ; elle avait échappé par miracle aux destructions des deux guerres mondiales. Bien des années après avoir cessé d'être son élève, j'ai demandé à mon ancienne institutrice, lors d'une visite de courtoisie, quelle était l'origine des ossements qu'elle nous montrait parfois. Elle me raconta en peu de mots l'histoire suivante. Au début du XXe siècle cette école, comme beaucoup d'autres, était dirigée par un laïcard militant. Vint la Grande guerre. Le directeur était trop vieux pour la faire. Mais son fils partit au front, et y laissa sa peau. On rendit le cadavre au père. Celui-ci, ne croyant pas en l'immortalité de l'âme, prit le parti d'utiliser ces restes dans ses leçons de choses. 

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Published by Devine - dans Être prof
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commentaires

Armand 12/12/2007 15:31

Cher Devine,
Les problèmes palestiniens ne datent pas d'hier et les errements versatiles des uns et des autres aussi.
Les deux visages de Menahem Begin (tour à tour faucon, Nobel de la paix avec Sadate, puis autorisant l'invasion du Liban) en est la preuve par l'absurde.
Ceci pour dire qu'une idée de paix par création d'un état bi-national me semble une très grosse utopie.
Des ragots colportés disent que des personnes voudraient rejeter les juifs à la mer ou (pas les mêmes évidemment) affirmeraient que des soldats, à l'aide de bulldozers blindés, arrachent des canalisations d'eau pour faire souffrir des civils... Dis-moi que ce sont des cauchemars! :( :( :(
Actuellement, toute personne prônant la paix avec sincérité, sera rejetée par les deux camps!
Un état bi-national où tout le monde s'entendrait serait bénéfique à tous, mais est-ce possible entre deux peuples qui veulent asservir leurs voisins!
Tiens, ça me fait penser (en grand) à la politique belge actuelle (bien que plus dérisoire)!
Amitiés

Armand 11/12/2007 18:26

Cher Devine,
Madame Warschawski, n'avait-elle pas un fils Michel, avec des idées politiques concernant un état bi-national en Palestine?
http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Warschawski
Amitiés

Devine 12/12/2007 12:45

Cher Armand, je connais et estime Michel Warschawski, j'ai même eu la chance de l'entendre une fois en vrai, à Paris. Si tu en as un jour l'occasion, ne le manque pas : c'est un causeur drôle et convaincant. Seul problème : il est absolument isolé dans le paysage politique et intellectuel israëlien.

Armand 11/12/2007 06:55

Cher Devine,
Je me souviens d'un squelette dans la classe de sciences naturelles à l'athénée (vous dites "Lycée" en France). Il se balançait sous une sorte de potence de bois vernis. Les gamins le profanaient: qui lui faisait "fumer" une craie, qui lui mettait une casquette.
Les squelettes étaient vendus (à l'époque) dans des magasins spécialisés en matériel didactique pour écoles. Ils provenaient d'indigents qui abandonnaient leur corps (après leur mort) contre un peu d'argent (de leur vivant). Maintenant, il n'y a plus que des squelettes de plastique dans les écoles et c'est bien mieux ainsi.
Une des différences entre l'homme et l'animal est le respect des morts. Pourquoi ne laisse-t-on pas jouer au bowling avec les crânes dans les catacombes? :( :(
A l'école primaire, dans une classe, se trouvait, accrochée au mur, une hélice d'avion. Nous en rêvions car elle était impressionnante.
Nous avons tous des souvenirs de l'école de notre enfance... même si les profs concernés ne s'en rendent pas toujours compte!
Amitiés.

Devine 12/12/2007 12:39

Je crois que nous sommes nombreux à nous souvenir de nos professeurs de sciences nat' (et j'en profite pour saluer amicalement profesvt ; es-tu encore là, chère collègue ?) Aujourd'hui encore, les élèves de mon collège ressortent souvent très impressionnés de cours où on leur parle des origines de la vie ou de la sexualité, enfin de sujets qui mettent en jeu des choses absolument essentielles. J'envie un peu les enseignants qui lèvent un coin du voile sur ces mystères de la vie ; en comparaison, parler de la gestion de l'eau dans les pays du Maghreb est un peu difficile et fade (même avec des élèves venus de familles maghrébines).

Marie-Aude 11/12/2007 00:04

Jolie histoire... mais je crains que ce ne soit qu'une légende:)

Devine 12/12/2007 11:29

Possible, mais j'y crois.