Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Au collège
  • Au collège
  • : Je suis professeur d'histoire-géographie au collège Félix-Djerzinski de Staincy-en-France. Ce métier me rend malade et il fait ma fierté. Avant d'en changer, je dépose ici un modeste témoignage.
  • Contact

Compteur

Recherche

8 juin 2008 7 08 /06 /juin /2008 23:08

Paroles d’émeutiers : l’école

 

A l’école, les cours étaient des leçons dictées mot à mot par le prof. On dirait qu’on était des robots, on ne devait pas parler, ni intervenir sinon on se faisait punir directement. En plus, dès qu’on comprenait pas une chose, le prof s’en foutait, il disait qu’il fallait lire le livre et qu’après on comprendrait. Alors à quoi ça sert de venir en classe ? […] Donc moi, j’ai redoublé deux fois en troisième, j’étais pas très bon. […] Après, ils m’ont proposé un BEP en plasturgie mais je n’ai pas voulu car c’était un vieux truc. Donc, après j’ai mal tourné. […] Quand je vois des amis et mon grand frère qui sont diplômés avec des bac + 5 et qui travaillent dans des supermarchés comme agents de sécurité, c’est quoi ce truc de fou ?! Je comprends rien. Ils ont fait des études, ils se sont pris la tête, et après ils terminent [comme ça], c’est pas juste. Donc, tu vois que l’école ça apporte que la galère au final. […] Lors des émeutes, j’ai voulu participer grave car ces bâtards de profs s’en foutent de nous, ils sont payés des barres et des barres et ils font même pas leur taf de soutien aux élèves en difficulté. Donc, je te dis la vérité, j’ai brûlé des voitures près du lycée pour leur montrer qu’on existe et qu’on ne va pas se laisser niquer. […] On a rien à perdre vu qu’ils ont baisé nos vies. […] ils savent pas qu’on doit faire des putains d’efforts. On n’a pas papa et maman qui nous aident quand on rentre à la maison pour nos devoirs. La plupart des mecs, leurs parents, les pauvres, ils savent même pas lire et écrire. Alors si à l’école ils ne prennent pas le temps de nous expliquer, ça sert à rien. C’est foutu d’avance. (S…, 20 ans, sans travail, petit dealer de cannabis.)

 

Moi aussi, j’ai participé aux émeutes et j’en suis fier, c’était pour tout retourner et enculer les keufs, ces sales bâtards qui se la racontent trop. Je suis dégoûté parce que je voulais aussi qu’on brûle ce lycée de merde avec ces profs racistes. Je te jure, je mitonne pas, si j’ai réussi à avoir mon bac c’est pas grâce à ces chiens de profs. Ils auraient préféré que je fasse un BEP. C’est grâce à mes frères, qui m’engueulaient quand je ne bossais pas, que j’ai eu mon bac. Par exemple, je te jure, la prof, Mme M…, tu sais ce qu’elle m’a dit ? « Je suis déçue que vous ayez eu votre bac. » C’est pas un truc de ouf ? Maintenant, je sais très bien que personne ne va me croire  quand je dis que certains profs sont racistes. Mais moi, je sais de quoi je parle. Je l’ai vécu en direct. […] J’ai vu plein de potes se faire « hagar » [humilier] pour rien par des profs juste parce qu’ils les aimaient pas. Je reconnais que certains abusaient mais, ma parole, faut reconnaître aussi qu’il y a des profs qui usent de leur autorité pour flinguer l’avenir de certains élèves. […] Alors voilà, tu sais ce que j’ai fait ? On est partis avec des potes, on a pris de l’essence et on a brûlé l’entrée du lycée. Mais les keufs sont venus et on s’est sauvés. Dommage, sinon le lycée aurait brûlé. […] La « hagra » [humiliation] des keufs et celle des profs, c’est la même. C’est des gens qui abusent de leur putain de pouvoir sans peser les conséquences de leurs actes. Les profs se disent pas : « C’est déjà un mec en difficulté, pourquoi je vais l’exclure et le mettre davantage en difficulté. » Ils en ont rien à foutre de son avenir ! (M…, 20 ans, bachelier, chômeur.)

 

Pour moi, la grande faute de ces émeutes c’est surtout l’école ! L’école, c’est un endroit où on doit apprendre des choses, ils doivent nous expliquer, mais en fait l’école est devenue un endroit où on jette les mecs comme moi, on leur donne pas de chance de s’en sortir, on fait tout pour nous virer et garder les Français. Même quand des gens comme moi réussissent, ils finissent par travailler avec des personnes sous-diplômées ou bien dans des postes qui leur conviennent pas. C’est ça la réalité. […] moi je travaillais normal sans plus, mais j’étais un peu distrait avec mes potes en cours. Mes profs se moquaient toujours de moi devant les autres au lieu de m’encourager et de m’expliquer les choses. Des fois, les profs nous calculaient même pas, ils nous laissaient seuls dans notre coin et faisaient participer les meilleurs, ils parlaient entre eux et, souvent, ils nous jetaient dehors pour être tranquilles entre eux, tu vois. Moi je ressentais du dégoût. […] Ça fait mal de voir qu’on est pris comme un idiot ! […] L’école ne sait pas qu’elle peut faire du mal si elle n’est pas à l’écoute des autres. L’école a baisé ma vie et ça j’oublierai jamais ! […] Franchement, j’ai la rage contre les profs parce que s’ils avaient pris le temps de nous prendre en main, on serait pas là aujourd’hui à bicrave [revendre] des bouts de shit en risquant notre peau. (R…, 18 ans, sans travail, petit dealer de cannabis.)

 

Moi, ce que je voulais pendant les émeutes, c’était brûler le lycée parce que c’est eux qui ont baisé mon avenir. En fait, moi, quand j’étais à l’école, j’étais pas très bon mais j’essayais de travailler de mon mieux. En classe, j’avais du mal à suivre certains cours […]. Quand je demandais au prof de m’expliquer certaines choses, il me disait que j’avais qu’à voir les meilleurs de la classe et qu’il n’allait pas prendre du retard sur son programme. Un jour, je lui ai dit que je ne comprenais pas un truc dans son cours et il m’a dit : « J’ai pas le temps et en plus toute la classe sait ça. Qu’est-ce que tu fais dans cette classe, tu es vraiment nul et irrécupérable. » J’avais la honte car tous les élèves se marraient et m’observaient avec leurs regards. […] En plus, comme j’étais le seul rebeu, j’avais honte d’aller voir les têtes de la classe surtout après les réflexions humiliantes du prof. Ce qui fait que dans les contrôles j’avais des vieilles notes. Quand je rentrais à la maison, je me faisais « savate » par mon père. Il me disait que l’école avait toujours raison et que c’était de ma faute. Moi je sais qu’il fallait travailler à la maison mais quand t’as pas compris les cours en classe, comment tu veux réviser à la maison ? Très franchement, j’ai baissé les bras au bout de quelques mois, je faisais plus rien. J’allais en cours pour mes parents, mais moi j’en avais plus rien à foutre. […] Et à la fin de l’année, pour l’orientation, ils m’ont pas raté. J’étais bon pour le BEP carrosserie. […] Avec du recul, j’ai la haine contre ces chiens du système scolaire parce que oui, ils m’ont niqué mon avenir et moi, comme un con, je suis rentré dans leur jeu. » (S…, 19 ans, sans travail, petit dealer de cannabis.)

 

Dans Laurent Muchielli, avec la participation d’Abderrahim Aït-Omar, « Les émeutes de novembre 2005 : les raisons de la colère » ; Quand les banlieues brûlent. Retour sur les émeutes de novembre 2005, sous la direction de Laurent Muchielli et Véronique Le Goaziou, La Découverte, édition revue et augmentée, 2007 ; p. 27-29.

 

NB : les coupures ([…]) sont dans le texte d’origine.

Partager cet article

Repost 0
Published by Devine
commenter cet article

commentaires

Demosthene 10/07/2008 13:20

Karadoc, je vous cite :"Concernant l'idéologie selon laquelle l'immigration serait la source de
tous les maux, je ne vais que peu m'y attarder à présent. L'immigration
est la plus grande richesse qui puisse être apportée à une société
donnée. C'est ce qui permet le brassage, le renouvellement, l'avancée
des idées. Sauf que cette immigration doit être accompagnée. Dans un
monde où l'individu n'est pas capable d'accueillir son nouveau voisin
de pallier, c'est à l'état qu'incombe la lourde charge de l'accueil."Qui êtes-vous pour affirmer que l'immigration est "la plus grande richesse" ???? au nom de quoi pouvez-vous dire cela ?Quand à cette histoire de voisin de palier... j'aimerai bien savoir où vous vivez... moi je vis dans une cité HLM de région parisienne, et je peux vous dire qu'ici c'est nous les immigrés, alors que je suis un indigène. Les jeunes noirs ou arabes du coin nous appellent les "poucaves, les gaulois". Poucaves = balance.Personnellement, l'immigration ne m'a jamais rien apporté, sur quelque plan que ce soit. Quant à ce qui est des richesses, le déficit de l'Etat et la dette que nous payons suffit à prouver que l'immigration n'enrichit rien du tout. Si la France, pays européen qui a reçu le plus d'immigration, devait être le plus riche, cela se saurait non ?Merci de répondre à mes questions de manière argumentée, car je suis un peu atterré par votre slogan péremptoire...

Karadoc 26/06/2008 11:44

Je suis assez surpris de certaines réactions. Mais comme la qualification ne suffit pas, je vais entrer dans le détail.Concernant l'intégration des immigrants et la problématique "première génération" / "troisième génération", il y a un facteur social très fort à prendre en compte qui est le désir de retour aux racines. Les troisièmes générations issues de l'immigration n'ont plus aucun contact avec le bled (j'utilise ce mot parce qu'on est dans une problématique où on rencontre des personnes dont les racines sont nord africaines, mais les problèmes sont les mêmes pour les jeunes issus du moyen-orient, d'asie, d'amérique du sud, etc.). Les grands parents vivent en France, et la racine est une sorte de rêve vaporeux qui réveille un certain désir de comprendre qui on est, de se reformer une identité dans un passé qu'elles n'ont pas connu.Ca n'excuse rien, bien entendu, mais ça explique. Ca explique pourquoi des français (car ce sont des français) s'intègrent moins facilement que leurs parents : pour ne pas perdre une certaine identité culturelle qu'ils n'ont pas, eux, choisi de perdre. Mais en même temps, il est ridicule de leur dire "la France, aimez-la ou quittez-la" : ce sont des français qui n'ont connu que cette terre.On est dans un problème de psychanalyse sociologique qui est un état transitoire. Et, comme bien souvent, un état instable, explosif.Ce point posé, il convient de l'intégrer à l'accusation portée sur l'immigration et l'éducation. La France, dans son désir d'idéal universaliste, a comme rêve de traiter tous les individus de la même façon. Le rêve est beau, il s'agit d'un idéal à atteindre, mais il conviendrait, peut-être, de reposititionner l'idéal dans la (maigre) compréhension que nous avons des interactions entre les individus.L'Education Nationale, dans son désir de "bien former", n'a pas prévu d'outil performant et pensé pour la prise en compte des problèmes d'immigration. Certes, des bricolages individuels ou limités à de petites équipes ont pu voir le jour. Mais force est de constater qu'il s'agit plus d'une réaction d'urgence qu'un travail de fond. L'immigrant n'est que rarement accompagné lors de son arrivée (soit parce qu'il est perçu comme un outil nécessaire à la nation pour compenser un manquer, soit parce que l'immigrant, dans sa clandestinité ou sa ghettoïsation [qu'elle soit volontaire ou de facto] ne peut demander cet accompagnement).L'école, en France, est "pour tous". Doit elle être unique ? Je pense que oui, mais pas dans sa forme actuelle.On pense l'école unique comme étant un objectif individuel. Ne faudrait-il pas plutôt l'envisager comme un objectif social ? Permettre, en donnant un tremplin adapté aux besoins de chaque génération, d'offrir aux générations suivantes toutes les chances possibles pour accéder à cette unicité ? (On peut réduire cette idée de génération aux étapes de vie d'un individu, en lui donnant les outils adaptés au bon moment pour, s'il le désire par la suite, accéder à cet "idéal" d'unicité.Concernant l'idéologie selon laquelle l'immigration serait la source de tous les maux, je ne vais que peu m'y attarder à présent. L'immigration est la plus grande richesse qui puisse être apportée à une société donnée. C'est ce qui permet le brassage, le renouvellement, l'avancée des idées. Sauf que cette immigration doit être accompagnée. Dans un monde où l'individu n'est pas capable d'accueillir son nouveau voisin de pallier, c'est à l'état qu'incombe la lourde charge de l'accueil. Mais il est plus facile de dire que c'est l'élément nouveau qui est la plaie qui fait entrer le mal, plutôt que de réaliser que c'est le système immunitaire qui se trompe et réagit en rejettant ce dont il a besoin.

thomas 25/06/2008 21:31

Incroyable tous ces discours victimaires, mais qui donc leur a mis ça dans la tête... ah oui, les mêmes pour qui, il y a quelques années, tous ces pauvres professeurs ont votés et suivis les discours pédagogo sans sourciller. C'est le moment où jamais d'en retenir la leçon.

matéo 15/06/2008 14:50

 
Les réactions de Johnmarguerite, et de Javi aux contributions de Robert Marchenoir sont édifiantes. Bien qu'encouragés à argumenter, ceux-ci se contentent de répéter en boucle leur condamnation morale, avec la mine de ceux qui se croient les vigies de la république, se dispensant d'étayer un point de vue contraire ou différent. C'est un véritable défi à l'intelligence et à la confrontation des points de vue, c'est aussi un refus du débat ce qui équivaut à une autocensure, à une fermeture intellectuelle.
 
Connaissant bien Robert, sur plusieurs blogs (Dupin, Le Bondy Blog), le coup des réactions indignées lui est familier. Comme si la mise en cause de l'immigration massive signifiait de facto racisme, ethnocentrisme ou fascisme rampant. Les réactions des Johnmarguerite et Javi relèvent de la pensée réflexe. Et effectivement cette pensée réflexe, dont le point de départ est le manichéisme, a dominé et prévalu dans toute tentative de porter un regard critique sur l'institution par excellence : l'école.
 
Cette chape de plomb moraliste se fissure aujourd'hui parce que les contreperformances de la dite institution ont fini par émerger dans le débat public. Comme le dit un des contributeurs, le blog de Devine aurait été perçu comme un repère de pétainistes pas moins de 5 ans en arrière. Voilà un prof qui écrit bien et qui rompt avec la liturgie « ednat » où il est de bon ton de s'insurger contre le manque de moyens et d'effectifs, cause unique des maux de l'école. La réduction du problème au seul critère quantitatif !
 
Certains hommes de gauche ont eu beau poser la question de l'immigration, pas moins de 10 ans en arrière, comme Rocard et Kouchner jetant la formule « on ne peut accueillir toute la misère du monde... » (« ...mais on doit en prendre notre part »). Les maires de gauche de certaines banlieues ont eu beau dénoncer l'angélisme facile des leurs, favorables aux régularisations massives, arguant que c'est eux qui devaient se colleter par la suite les problématiques d'accueil et de logement dans leurs communes, cette question est encore taboue, on entre dans une zone interdite.
 
Je ne crois pas pour ma part que les émeutes de 2005 avaient quelque chose à voir avec une quelconque révolte sociale, comme à gauche on s'est empressé de le faire, ou une révolte ethnico-religieuse, point de vue défendu par Alain Finkielkraut. Pas de mot d'ordre, pas de réflexion collective et pas de « penseurs de la révolte », autant de signe allant à l'encontre de toute idée de révolte sociale. Pas plus de primat de l'islamisme intégriste que de prévalence des maghrébins ou de la négritude. Comme ce que l'on peut lire dans « tentative d'empathie », c'est l'inculture qui domine, ce sont les moeurs rustres, et une certaine violence, soit le tryptique décrivant littéralement la barbarie qui le commun dénominateur à la somme des comportements émeutiers. Lorsque ce sont des écoles, des crèches et des maternelles qui partent en flamme, comme des gymnases, soit autant d'équipement dont certaines parties du territoire serait gravement privé, on ne peut que constater que cela est sans rapport avec une quelconque forme de revendication « sociale », à moins de vouloir voir dans cette contradiction le contraire de ce qu'il faut y voir. Une sorte de gloubiboulga psycho-socio où la contradiction des signes n'est pas source de doute ou de remise en question du postulat, comme au temps de Descartes, mais sa confirmation éclatante.
 
Il est rassurant de lire les contributions de collègues de Devine, dénonçant ici le « travail » de Muchielli et les atténuations apportées par ceux qui ont échoué à l'école sur leurs propres comportements et en veulent à la terre entière, école et profs en tête. Quelques années en arrière, vous n'auriez jamais lu cela, mais les temps changent, et on peut comprendre que certains enseignants en ont marre à la fois d'entendre les mêmes rengaines idéologiques de la profession, comme ils en ont marre d'être les boucs émissaires d'une institution peu productive. Les politiques de tous bords, les parents d'élèves, jusqu'à monsieur tout le monde faisant de l'enseignant, une feignasse, un incapable, et le premier responsable d'une Education Nationale où 150 000 élèves en sortent sans aucun diplôme ni qualification. Tous ne sont sûrement pas pédagogues, mais tous se sont confrontés à des études longues, ont fouillé profondément dans leur matière, se sont tapés des examens relevés. Sûrement de quoi envoyer bouler les critiques quand on vient leur expliquer que c'est de leur faute si machin ou bidule est sorti de classe de troisième, parce qu'on ne « lui avait pas donné l'envie, la chance, les moyens, la motivation et le désir ardent d'être autonome, autosuffisant et prêt à s'assumer dans la société des adultes.
 
Quand on lit les compte-rendus de Devine, et sa transcription consciencieuse des dialogues, ou plutôt des échanges entendus chaque jour, et du bordel permanent en cours, peu propice à l'étude, à la réflexion et à l'apprentissage, comment peut-on encore douter du crétinisme du collège unique, cette vision uniformisante des enseignés dont les conséquences visibles ne font que commencer. Et cette volonté de penser plutôt à des cursus adaptés, c'est-à-dire à devoir peut être penser la période collège de façon discriminante en fonction des profils d'élèves, est benoîtement assimilé à de la « discrimination », négative, cela va de soi. Ca viendra, soyons patients.
 
 

vasco 13/06/2008 17:34

Javi : vous employez des mots exorciseurs comme "nauséabond". Marguerite parle de "pollution du débat". Etes-vous donc incapables à ce point de contrer ce que dit Marchenoir sur le terrain de l'argumentation ? Devez-vous fatalement recourir à l'incantation ? A la disqualification ?Pourquoi souhaitez-vous faire passer votre incapacité à débattre pour de l'élévation morale ? Vous êtes-vous seulement posé la question ?